Motels

Aujourd’hui, le thème, c’est recalage horaire. Nous avons atterri à New York à minuit, il était 21h pour notre organisme accoutumé à la côte ouest, et nous avons opté pour un sas de recomposition sous la forme d’un motel de Brooklyn, juste à côté du métro.


ABVI Brooklyn1

J’arrête mon histoire ici et je vois tout de suite les clichés qui se forment dans votre tête, comme dans la nôtre au début de l’expérience.
C’est du Paul Auster, des films des années 50, des images de beatniks, ou encore les 70s.

Alors bien sûr, il y a en effet la sirène des pompiers ou de la police, le clang-clang des rames toutes les minutes sur le pont de métal à cinquante mètres de la chambre…
Mais ils n’y a pas de graffiti, pas de gangsters menaçants, pas de coups de feu, pas de cafards ni de fumée de cigarette.

Bates-Motel

Les motels que nous fréquentons depuis trois semaines de road trip sont pour la plupart très propres, les chambres sont spacieuses, les lits ‘king size’, la plomberie en état, les insectes absents (c’est une bonne chose parce que je suis rongé par l’angoisse de ramener des punaises de lit à la maison dans nos valises!).

Cimex lectularius
Cimex lectularius

Le seul cliché qui s’en dégage, et je ne l’ai encore vu nulle part, c’est qu’ils sont tous tenus par des Indiens. D’Inde, par du far west.

 

Il y en a quand même eu un qui a fait exception, et qui était plus proche des anciens clichés.
Portland, Oregon. Pas la ville la plus sexy de notre voyage.

budget_motel

 

Le « gérant » du Budget Motel est en survêtement noir, il écrase le talon de ses baskets en m’accompagnant pour me montrer la chambre. Il sort la clé de sa poche et n’a pas le temps de l’entrer dans la serrure, à peine il la pose sur la porte qu’elle s’ouvre en grand, sans résistance. Là il y a bien tout ce qu’on imagine d’un motel pourrave. Sauf peut être les cafards.
– Vous voulez que je change les draps?
– Bah… Oui.
– OK, parce que le mec qui loue cette chambre d’habitude, il dort jamais. Il tourne en rond toute la nuit. Je suis sûr qu’il a pas touché aux draps.
– Ben… Oui mais quand même.
Il soulève le dessus de lit pour que je me rende compte par moi-même. Je ne suis pas convaincu. Il est déçu.
– Bon, Ok.
Perplexe, il envisage la tâche qui l’attend puis il ajoute:
– Sinon je peux vous faire la chambre jacuzzi au même prix. Vous voulez la voir?
– Allez, je dis sans conviction.
La porte de la chambre de luxe est déjà grande ouverte. C’est le même type d’installation, avec en effet un jacuzzi. Dans la chambre. Pas dans la salle de bains.
– Bon je vais réfléchir.

Nous sommes allés au motel suivant. Tenu par un Indien. Pas nickel nickel, mais plus vivable.

(plus sur le sordide Budget Motel de Portland, en VO, ici)

Le motel de Brooklyn, à part la ventilation de la salle de bains qui fait un peu de bruit, c’est limite mieux qu’un Ibis.

ABVI Brooklyn 2

Je me suis endormi à quatre heures du mat, réveillé comme une fleur à 10h30, mon corps est persuadé qu’il est quatorze heures, je ne le contredis pas… On verra si je le paye ce soir.

Oh, c’est beaucoup plus facile de se remettre du décalage horaire quand on n’a pas à se lever pour bosser!

0 commentaire sur “Motels

  1. Pour les gérants de motels, tant que ce ne sont pas des mecs à la Anthony Perkins et qu’il n’ y a pas un putain de rideau de douche blanc modèle « morgue », c’est bon quoi!!!!Bon repos et bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *