Bus 303 pour Sydney *

Toute référence à Tintin serait fortuite et involontaire

bus 303 Dans la série « notre expérience du pays est linéaire », ce que nous avons vu de Sydney, pendant les 5 jours que nous y avons passés, nous l’avons vu le long de la ligne de bus qui nous menait de notre appartement de Zetland, au Circular quay. Enfin, principalement. Le sommaire suit le plan de la ligne, pas forcément la chronologie du séjour: 303 Zetland

Nous sommes des voyageurs de l’extrême, faut-il le répéter ? Donc pour notre hébergement, nous avons choisi d’explorer les profondeurs inexplorées de l’Australie: un quartier en plein développement. Le quartier de Green Square est en train de subir une transformation impressionnante; 8 milliards de dollars pour reconstruire 278 hectares d’anciens terrains industriels et ouvriers en une zone urbaine repensée avec les préoccupations du 21e siècle, comme le développement durable, les affaires et la vie communautaire. green sq pastgreen sq future Notre choix s’est porté sur cet endroit, surtout parce que le prix de l’appart-hôtel était quasiment équivalent à celui d’une chambre chez l’habitant (et inférieur à celui du Formule 1) et qu’il était situé à mi-chemin entre l’aéroport et le centre ville. Nous ne l’avons pas regretté vu la taille et le confort de l’appartement en question… Voyageurs de l’extrêmes, bien sûr!

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Pas fini

En revanche, l’impression de vivre dans un décor en construction était particulièrement forte. Ce n’est pas tous les jours qu’on visite un quartier qui n’existe pas encore. Une fois de plus, c’est en cherchant de la documentation pour cet article que j’ai découvert de nouveaux aspects à notre expérience. Notamment que, s’il est amené à désigner une plaque tournante de l’urbanisme de Sydney,  (le slogan est « A dix minutes de tout »), le nom même de Green Square est artificiel. C’est à l’origine un petit parc du coin, dont les développeurs se sont emparés pour donner un nouvel éclat aux vieux quartiers industriels du sud de Sydney. Si le nom du quartier lui-même est contesté, il doit y avoir une histoire à creuser. Je ne l’ai que rapidement parcourue, mais elle est là, en VO, pour ceux d’entre vous que ça intéresse. Sinon, en résumé, ça raconte tout, de la nature du terrain originel avant l’occupation humaine, aux aborigènes de la région, à l’installation des européens, à l’arrivée et au départ de chinois, à la vie et la culture ouvrière et à la dégradation du quartier, jusqu’aux détails du projet de rénovation. Curieusement, j’y retrouve la démarche d’anti-guide touristique que je voulais développer sur Smith Street!

http://www.cityofsydney.nsw.gov.au/__data/assets/pdf_file/0014/120281/histories-of-Green-Square.pdf

Tout ça parce qu’on cherchait un bon plan, pas cher, pas loin!

Surry Hills

Nous sommes arrivés à Sydney pendant le lundi férié de la fête nationale. Encore une date où il faut creuser profond pour trouver de l’animation. Mais, de la fenêtre du bus, nous avons vite remarqué un quartier qui ne semblait pas affecté par la léthargie générale, Surry Hills. Si nous avions séjourné plus longtemps à Sydney, il est fort probable que ce quartier soit devenu notre Collingwood/Fitzroy local. Bars, restaurants, boutiques sympathiques et ambiance détendue, il ne nous en faut pas beaucoup plus. Evidemment, ça ne sert à rien de voyager autour du monde si c’est pour répéter partout le même schéma. Donc, dans un sens, la courte durée de ce séjour à Sydney a eu du bon!

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C’est en bordure de ce quartier que nous avons visité l’atelier du peintre australien Brett Whiteley. Personnellement, je ne le connaissais pas. Nous avons passé deux mois à Glasgow Street avec une reproduction de son oeuvre Self Portrait in the Studio affichée dans notre chambre et, pour être honnête, je n’étais pas fan.

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Self Portrait in the Studio (1976)

Mais la visite de son studio, laissé intact après sa mort, avec une superbe exposition au rez-de-chaussée, m’a fait changer d’avis. Complètement. 

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Non seulement les ouvres en grandeur nature et en 3D sont beaucoup plus riches que leurs reproductions (beaucoup de collages, d’inclusions, de notes manuscrites), mais j’ai découvert dans ses autres toiles un univers qui me parle beaucoup plus que dans celle que je connaissais. De plus, l’atelier, avec ses collections d’objets, de photos, de livres et de disques, donne une vision encore plus profonde du monde de l’artiste. Une vraie découverte.

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http://www.artgallery.nsw.gov.au/brett-whiteley-studio/

Chinatown et Darling Harbour

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Plus touristique, et pas directement sur la route du bus, nous nous sommes aussi promenés à la recherche de nourriture. Le Chinatown de Sydney est réputé comme le plus vieux et le plus important d’Australie. Bon. D’accord. En tout cas je n’ai pas choisi le meilleur restaurant de la zone. Pourtant, les plats asiatiques sont devenus quasiment notre quotidien, en Australie, avec les pho vietnamiens, les laksa malaisiens et les ramen japonais et un inoubliable soup buffet chinois… Bref, ç’aurait surement été à retenter.

Darling Harbour est un quartier au bord de l’eau très agréable mais pas du tout bucolique. C’est un de ces grands complexes développés au bord de l’eau avec toutes sortes de restaurants et autres lieux de détente, comme les Southbank de Brisbane et Melbourne. Rien de très particulier, en fait, sinon le bord de l’eau, qui est toujours agréable.

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Le centre ville et les Rocks

Sydney ressemble beaucoup plus à une métropole que Melbourne. Son centre d’affaires est plus étendu, sa circulation plus intense, ça fait un peu capitale, il faut le dire. Un gros avantage des gratte-ciel, dans le climat australien, c’est qu’ils font de l’ombre et canalisent le vent.

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Au pied du Harbour Bridge, se trouve The Rocks, le quartier chaud originel de la jeune colonie de Nouvelle Galles du Sud. Etabli en 1788, il a aussitôt été le repaire des marins et des prostituées. Au début du 20e siècle, en plus d’être mal famé, il était décrépit. Un plan d’urbanisme prévoyait de le reconstruire entièrement, mais a été interrompu par la première guerre mondiale. Quelques centaines de bâtiments ont quand même été détruits lors de la construction du Harbour Bridge en 1920, mais c’est encore (paradoxalement) une guerre mondiale qui a sauvé le quartier de l’annihilation totale. Dans les années soixante, alors que l’urbanisme reprenait ses droits, la résistance s’est organisée pour sauver cet élément important du patrimoine, notamment en impliquant le syndicat du bâtiment. Vu sa situation, l’endroit a, évidemment, perdu son statut de quartier populaire, mais il y reste des habitations à loyer modéré… que les autorités locales cherchent aujourd’hui à vendre à des investisseurs privés. En tout cas, les Rocks ne sont pas devenus ce que Darling Harbour, qui faisait partie du même plan de développement, est devenu. C’est (à mon avis) une bonne chose.

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The Rocks – Ce que la city n’a pas avalé
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HLM dans un quartier prisé
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Les toits des Rocks vus du pont

La baie

La baie de Sydney est un endroit magnifique dont nous avons bien profité. Munis d’un passe de transports en commun pour la semaine, nous avons collectionné les mini-croisières en ferry dans toutes les directions à partir de Circular Quay. Toutes passent à deux pas de l’opéra, qui est évidemment superbe. On côtoie les voiliers, les yachts et les bateaux de croisière, on accoste sur la rive de quartiers tous plus chics et tranquilles les uns que les autres et on se dit que ce serait peut-être pas mal, comme vie.

Sur le pont de l’un de ces ferries, une vieille dame me lance un sourire entendu en observant que je cherche une meilleure place pour admirer le paysage. Elle-même a l’air de littéralement l’absorber. C’est une locale qui semble heureuse de son existence, ou du moins du décor dans lequel elle se déroule. Elle me demande d’où je viens. Je lui dis que je suis Français. Elle me souhaite d’apprécier mon séjour autant qu’elle a apprécié le sien en France et s’apprête à débarquer. Elle fait demi-tour et, toujours avec le même sourire, elle ajoute « Je suis un quart française. » Et elle s’en va en me saluant.

C’est le cas: j’ai beaucoup apprécié mon séjour.

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Harbour Bridge
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La baie vue du pont

Au final, nous nous sommes bien baladés. Nous avons certainement raté plein de choses, mais nous sommes tombés d’accord sur le fait que nous avons bien fait de consacrer la majorité de notre temps australien à nous intégrer dans une seule ville. Melbourne restera notre « chez nous australien », mais Sydney vaut le coup d’œil.

<Encore une fois, j’ai pété mon appareil photo, celles que nous extrairons de l’iPhone figureront dans une galerie à part…>

0 commentaire sur “Bus 303 pour Sydney *

  1. Coucou.Il est vrai que Melbourne semble être une très belle ville mais ne pleurez pas il va y en avoir d’autres !! Merci de nous faire rêver et merci pour votre message courrier ! Bisous à vous deux et aux prochaines aventures !!!! Carte reçue ce jour ( Vendredi ) .

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